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10 janvier 2020 -

Transition vers l'agriculture de conservation : retour d'expérience

Exploitant agricole sur 279ha à Mailly Raineval (80), Thomas Leroux s’est lancé en agriculture de conservation en 2017, accompagné dans sa démarche par le groupe Noriap. Si au départ l’objectif était de réduire les charges de mécanisation et le temps de travail, il s’agit désormais d’une démarche de progrès visant à s’adapter aux attentes sociétales et réglementaires. Et notamment réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

 

Pourquoi choisir l'agriculture de conservation ?

Redonner vie au sol, réduire ses charges de structure de 30%, diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires et surtout, dégager du temps pour sa vie de famille : autant d’objectifs qui ont conduit Thomas Leroux, 46 ans, à mettre en œuvre les principes de l’agriculture de conservation sur son exploitation.

Au programme :

  • Couverture permanente du sol et donc mise en place d’intercultures avec broyage,
  • Semis sans travail du sol,
  • Mise en place de techniques culturales simplifiées.

Tout est question d’adaptabilité et d’analyse, en agriculture de conservation”, explique Thomas Leroux, qui mène en transversal une réflexion sur de nouvelles rotation “avec un objectif de 10 cultures sur l’exploitation”.

 

Des économies de temps et de matériel

A l’origine de ce déclic, une séparation avec ses associés et une réflexion économique, qui démarre en 2017 : « Il me fallait réinvestir dans du matériel, sans trop me charger financièrement et sans prendre de salariés. J’ai donc commencé à réfléchir à la mise en place de cette nouvelle façon de produire basée sur la simplification et la mise en place d’intercultures ».  Il faut dire que les terres de l’exploitation (279 ha) sont principalement faites de bief ou d’argile à silex. Une structure usante pour le matériel, qui pesait sur les charges : “Le rapport puissance-largeur de travail est bien plus élevé en agriculture conventionnel, sans parler du temps de travail, même s’il faut parfois semer une fois pour les couverts et une autre pour la culture de vente”.

 

Raisonner le choix de la rotation

Niveau investissement, Thomas s’est limité à un tracteur de 150 chevaux, et un semoir de 6m pour un total de 139 000€. Si cette technique permet de rationaliser les charges de mécanisation et les UTH nécessaires sur l’exploitation, elle nécessite de la réactivité et un autre raisonnement dans le choix de la rotation : “l’agriculture de conservation demande de savoir être opportuniste en fonction des conditions météorologique, quitte à ne pas semer l’interculture et la conserver pour l’année suivante si les conditions sont trop défavorables. De ce fait, je suis amené à décider de ma culture de rente parfois à la dernière minute en fonction du type de terre et des adventices présentes au cours de l’année”. Thomas a d’ailleurs un exemple type : “J’ai une parcelle avec du vulpin résistant, comprenant du bief, du blanc et du limon. Si je remets du blé, je vais arriver avec un rendement de 60 quintaux. Pour mes prochains semis, je fais donc le choix de mettre du trèfle incarnat dans le bief, et de la fèverole avec des pois dans le blanc et limon, plutôt que du blé sur l’ensemble. L’objectif ici n’est pas économique, mais la vie du sol et la destruction des adventices. De plus, féveroles et pois ont une bonne synergie face aux ravageurs”

> En savoir plus : Agriculture de conservation : les clés pour se lancer

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Varier ses couverts végétaux en fonction du terroir et des besoins

Il existe d’autres exemples d’implantation de couvert sur son exploitation :

  • Sur maïs après blé avant maïs, il privilégie un mélange avoine diploïde (10kg/ha), moutarde (0.5kg/ha), radis chinois (1kg/ha), fèverole (30kg/ha), tournesol (6kg/ha), sarrasin (9kg/ha), trèfle incarnat (5kg/ha), vesce velue (8 kg/ha), phacélie (1,5 kg/ha).
  • Sur blé après colza avant blé, il s’oriente sur de la fèverole (80kg/ha) et du sarrasin (14kg/ha).
  • Sur colza après blé : pas d’intercultures mais du colza en associé avec féverole, lentille et trèfle blanc nain, avec 100kg/ha de 18/46, semés en même temps.

A noter que dans les couverts courts, le semis se fait juste après la récolte.

Entraide et formation pour une agriculture ouverte à tous

Quant au calcul technico-économique, impossible de l’analyser pour le moment, faute du recul nécessaire : “il faudra attendre la fin de moisson 2020”. Pour Thomas Leroux, l’agriculture de conservation est accessible à tous les agriculteurs : “ Le cœur même de cette approche est l’entraide, et la motivation de partager ses informations et ses connaissances acquises en groupe. En ce sens, le fait que Noriap propose des formations pour s’initier en partenariat avec le groupe Hum’s est un vrai plus ! D’autant que mon technicien, Christian Lamont, est lui aussi formé. Cela nous permet de confronter nos points de vus, et de réfléchir à des nouveaux protocoles, car l’agriculture de conservation est une démarche de progrès permanente ».

En plus de la formation de ses technico-commerciaux à l’agriculture de conservation, Noriap a mis en place des groupes d’agriculteurs pour faciliter le partage d’expérience sur le sujet.

 

Nous accompagnons ainsi une dizaine d’agriculteurs de la région sud ainsi qu’un autre groupe dans le pays de Caux : “Grace à l’application WhatsApp : méthode de semis, type de couvert et astuces s’échangent facilement et permettent une interaction qui nous permet d’avancer ensemble”, conclu Thomas Leroux.

 

Et vous ? Avancer ensemble en agriculture de conservation : ça vous tente ?

Accédez aux dates de formations Noriap et téléchargez le programme des différentes modules proposés.

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