Agriculture de conservation : les clés pour se lancer

Aujourd’hui, l’agriculture de conservation apparaît comme une évolution extrêmement prometteuse pour nos systèmes de culture. Elle présente des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux. Au programme : amélioration de la fertilité du sol (physique, chimique et biologique), diminution de l’érosion pluviale et éolienne, augmentation des rendements, réduction à terme des investissements matériels, baisse de la consommation de carburant et d’émissions de gaz à effet de serre, et augmentation de la séquestration de carbone. Autant de raisons qui plaident en faveur de cette approche !

Préparer le terrain

On ne se lance pas dans une telle aventure du jour au lendemain. Des facteurs limitants existent et doivent être levés avant de démarrer.

Si l’état calcique des parcelles n’est pas équilibré il faudra le remettre à niveau. Par ailleurs, il faut également éviter de travailler sur des parcelles trop enherbées.

 

Les 3 piliers de l’agriculture de conservation

Cette technique agricole repose sur trois piliers importants :

  • La réduction ou suppression du travail du sol ;
  • La couverture permanente du sol ;
  • La diversification de la rotation (grâce à la recherche d’une alternance culture d’hiver-culture de printemps, culture graminées-culture dicots).

Si sur le papier il est préférable de conduire ces actions de manière simultanée, il n’est pas forcément obligatoire de semer en direct dès le démarrage. En effet, il vaut mieux maîtriser d’abord la mise en place des couverts – dont l’implantation est stratégique – puis, trouver sa voie en s’essayant sur une parcelle test avant d’étendre la technique à toute l’exploitation.

Le choix du couvert : une étape fondamentale

Il n’existe aucune recette miracle ! Le couvert doit, avant tout, s’adapter au contexte du terroir, de l’exploitation et de la parcelle. Les espèces qui le composent doivent être adaptées à une culture précise. Il faut privilégier les associations d’espèces en été pour mettre toutes les chances de son côté afin qu’une partie lève en cas de sécheresse. Trois grandes familles de plantes peuvent être utilisées : les crucifères qui jouent le rôle de drain “perforateur” du sol, les graminées qui restructurent le sol sur les 10 premiers cm, et les légumineuses qui fournissent de l’azote au couvert, puis aux cultures suivantes.

Implantation des couverts végétaux

Pour l’implantation des couverts végétaux, la toute première option consiste à effectuer un sur-semis en reprise de végétation (mars-avril) dans un blé, au DP 12 ou à l’épandeur à engrais, suivi d’un passage de herse étrille pour recouvrir les graines.

Deuxième option, effectuer un semis à la volée avant la moisson avec un épandeur à engrais. Dans ces deux cas, il faut prendre en compte la rémanence des herbicides utilisés dans la culture, essayer de positionner le semis avant une pluie, et augmenter la dose de semis prévue de 20 à 30 % afin de compenser les pertes liées aux semences restées à la surface du sol.

Troisième option, le semis sous la barre de coupe de la moissonneuse avec une barre de semis adaptée. Cette technique présente l’avantage de tout faire en un seul passage. Pour autant, elle nécessite une très bonne organisation du chantier de récolte, ainsi qu’une bonne répartition des pailles et menues pailles derrière le broyeur pour une levée plus homogène.

Dernière option, le semis après moisson avec un semoir sur déchaumeur, un semoir classique ou un semoir de semis direct. Celle-ci nécessite d’être réalisée dans un cadre bien précis. À savoir, dans les 2 à 3 jours après la récolte pour bénéficier de la remontée d’eau par capillarité et permettre ainsi, une bonne levée du couvert. Il est également possible de réaliser le semis une à deux semaines après la récolte mais dans ce cas, la qualité de la levée sera bien plus dépendante de la pluie.

Les bénéfices de l’agriculture de conservation

L’agriculture de conservation repose sur la mise en place d’un cercle vertueux qui permet de nombreuses améliorations. La fertilité des sols, d’une part, en se concentrant sur l’activité biologique, l’équilibre chimique et la structure du sol. La couverture permanente du sol améliore au fur et à mesure sa portance dans les parcelles. Les plantes, d’autre part, permettent de pallier au phénomène de tassement des sols.

 

 

L’idéal pour réussir correctement sa transition vers l’agriculture de conservation est d’entamer une formation afin d’appréhender l’ensemble des techniques et méthodes. Des références existent, alors autant s’en servir afin d’éviter d’essuyer “les plâtres”…

 

Et vous ? Avancer ensemble en agriculture de conservation : ça vous tente ?

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