Olivier Maquigny : se diversifier avec la méthanisation

L’agriculture change. Les agriculteurs aussi. À Martaigneville, dans la Somme, Olivier Maquigny adapte son exploitation depuis près de 30 ans. Face aux crises et aux enjeux économiques, il a abandonné l’élevage porcin pour se tourner vers la production laitière. Il cultive des légumes industriels. En 2023, il franchit une nouvelle étape avec la méthanisation. Aux côtés de trois autres exploitants, il lance une unité collective pour valoriser les effluents d’élevage et ses terres difficilement exploitables. Un projet technique, soutenu par Noriap, qui combine performance économique, énergie renouvelable et transmission à la jeune génération.

 

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« Être agriculteur, c’est une adaptation permanente, évoque Olivier Maquigny, agriculteur installé depuis 1995 à Martaigneville dans la Somme en Gaec avec son frère. Il faut savoir s’adapter au climat, aux normes et à la politique sociale. ». C’est donc pour cela qu’Olivier s’est diversifié avec la méthanisation.

Il a repris l’exploitation de ses parents, historiquement tournée vers l’élevage de porc hors-sol. Mais au fil des années, face à la crise du porc, aux besoins croissants d’investissement et au départ en retraite de ses parents, il décide de s’orienter vers la production laitière. Dans les années 2015-2016, marquées par une forte crise laitière, Olivier et son frère choisissent d’augmenter leur production. Aujourd’hui, leur troupeau compte une centaine de vaches Prim’Holstein, pour un quota de plus d’un million de litres de lait.

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En parallèle, il cultive du blé, des betteraves et du maïs mais aussi du lin textile. Et des cultures industrielles telles que du pois, des flageolets ou de la carotte viennent compléter l’assolement.

Une méthanisation avec 3 autres agriculteurs

Pour se diversifier, en 2023, il se lance dans un projet ambitieux de méthanisation avec trois autres exploitants de la Somme.

Après plusieurs réunions impulsées par Noriap pour présenter les opportunités de la méthanisation, Olivier Maquigny s’est intéressé à cette voie de diversification. Avec d’autres agriculteurs, il a visité différents sites méthaniseurs, pour évaluer concrètement ce que cela pourrait apporter à leur exploitation.

« Nous avons vu des choses qui nous parlaient, d’autres beaucoup moins », explique-t-il. De ces échanges, un projet collectif a vu le jour : une SAS réunissant quatre exploitations agricoles et Noriap, soit sept associés au total. La signature officielle a eu lieu en 2023.

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Le méthaniseur a été installé à mi-distance des fermes partenaires pour optimiser la logistique des apports et des restitutions. Les matières organiques issues des élevages (fumiers, lisiers) et des cultures intermédiaires (seigle, sorgho, maïs) y sont incorporées. Le digestat est quant à lui récupéré pour être utilisé comme fertilisant sur les cultures.

Passage de relais à la nouvelle génération

« L’objectif premier, c’est de valoriser les effluents d’élevage, mais aussi d’apporter une solution sur les zones de polder », ajoute Olivier. En effet, installé en bordure de mer, Olivier Maquigny travaille sur un territoire aux contraintes climatiques marquées. Une partie de son exploitation se situe en zone de polder, en dessous du niveau de la mer, avec des terres argilo-calcaires lourdes. L’hiver, les excès de pluie rendent ses parcelles difficilement praticables, limitant fortement les possibilités de production. À l’inverse, au printemps, ce sont ses sols de limon sableux qui posent problème : ils peuvent sécher très rapidement.

Au-delà des enjeux économiques et agronomiques, le projet a aussi une portée générationnelle. C’est son fils et un jeune issu d’une exploitation associée qui vont gérer l’unité de méthanisation. Noriap a également joué un rôle central dans l’accompagnement administratif et réglementaire, facilitant notamment les démarches liées à l’ICPE et au permis de construire.

 

 

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